Des femmes: quelques réflexions sur le respect, le désir et l’ordre moral

1° Les viols et les agressions sexuelles sont des crimes, les harcèlements sexuels des délits, juridiquement et humainement. Le code pénal les définit et prescrit les peines encourues. Il n’y a aucun débat possible la dessus, à l’exception d’une souhaitable aggravation des sanctions.

2° La condition féminine, de tout temps et jusqu’à aujourd’hui, est largement soumise aux lois, circulaires, réglementations, habitudes édictées par les hommes, dans tous les secteurs de la vie humaine, quelles que soient les tentatives pour instaurer davantage d’égalité et de parité. Cela est vrai aussi dans le domaine de la sexualité (comportement, usage, fantasme).

3° L’affaire Weinstein, divulgation publique de harcèlements et d’agressions sexuelles, révélée en octobre 2017 par le New York Times et le New Yorker, déclenche un mouvement de libération de la parole des femmes, dans le monde entier, dont les vecteurs les plus connus sont les sites: « #balancetonporc » et « #metoo ». Cette explosion de paroles libérées doit être saluée et entendue. Le véritable et nécessaire tsunami qui inonde les réseaux sociaux entraine à son tour des débats souhaitables, intenses, parfois emportés et passionnés, qui révèlent des oppositions portant essentiellement:

a) sur le désir, ses manifestations légales ou pas, licites ou pas, acceptables ou pas ;

b) le statut fait aux femmes, pour et contre les droits des femmes, par les hommes mais aussi par les femmes, dans nos sociétés;

c) le danger d’une dérive progressive vers une censure puritaine, rigoriste et régressive , un nouvel ordre moral.

4° Dans ces contextes le quotidien Le Monde publie, le 10 janvier dernier, une tribune rédigée par Sarah Chiche, Catherine Millet, Catherine Robbe-Grillet, Peggy Sastre et Abnousse Shalami, et signée par un collectif de plus de cent femmes dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, Elisabeth Lévy, Joëlle Losfeld…, réponse polémique à la nouvelle pensée dominante, parfois maladroitement formulée mais qui a le mérite de faire entendre une autre voix, respectable aussi. En effet les signataires regrettent que la vague actuelle ne transforme les femmes en êtres à part, « éternelles victimes », réduites à l’état de « proies » à protéger, redoutent que la délation généralisée ne trahisse une » haine des hommes », voire une peur de la sexualité, récusent l’irruption dans la vie publique de « procureurs autoproclamés » de la vie intime des femmes et des hommes. Il faut entendre ces femmes même si elles   proposent quelques formulations inconsidérées, telles: « la liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », le frotteur du métro  « même si cela est considéré comme un délit(….) expression d’une grande misère sexuelle », et surtout « les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité ». Le surlendemain Catherine Deneuve précise que « rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon », rappelle qu’elle fut une des signataires du manifeste des « 343 salopes », récuse le soutien stratégique des « conservateurs, racistes et traditionalistes de tout poil » et finalement « salue fraternellement toutes les victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées par cette tribune parue dans Le Monde, c’est à elles, et à elles seules que (je) présente mes excuses ». Je dois rappeler qu’en effet la tribune avait entrainé des commentaires assez durs tels: « L’absence de solidarité des femmes signataires de cette tribune me sidère » (Michelle Perrot),  « Mesdames ne confondez pas les jeux de rôle de salon avec la vie réelle » (Michèle Riot-Sarcey, « expression d’un antiféminisme » (Christine Bard), « la troisième vague du féminisme est tout sauf conservatrice ou puritaine » (Léa Clermont-Dion).

5° Et donc le désir

Le désir est consubstantiel à la nature humaine, dans les deux sexes, traduisant soit une attirance amoureuse pour la personne aimée, soit plus pulsionnellement un besoin physiologique pour obtenir du partenaire convoité la satisfaction de cette exigence biologique. Entre l’amour courtois , tentative du chevalier pour séduire une femme aimée sans l’offenser en lui dédiant des poésies (elle est suzeraine, il est vassal), et le besoin d’accouplement des mammifères, dont l’homme, en état d’excitation sexuelle qui recherchent et imposent, éventuellement par la force, la satisfaction primitive, il y a l’immensité océanique séparant un être civilisé de coeur et de raison de la brute grossière et violente.

Mais entre ces deux extrémités du spectre se situent  tous les humains, et chacun dans le parcours de sa vie, cette infinitude de femmes et d’hommes qui cherchent malaisément leurs chemins selon l’éducation qu’ils ont reçu, les codes sociaux de leur environnement, les valeurs qu’ils ont adopté et le contrôle qu’ils exercent sur leurs instincts. Dans la conversation de la séduction quoi de plus aimable que la courtoisie, la galanterie, le marivaudage, le badinage voire la coquetterie? Mais où se situe le point qui sépare, dans les  échanges  amoureux, ces civilités du harcèlement, ou, bien pire, de l’agression? La réponse serait dans le consentement.

Bien évidemment tous les jeux amoureux ont leur charme, à condition qu’ils soient consentis. Mais quelle est la signification de ce consentement, qu’en est-il de son immédiateté, de sa sincérité, de sa spontanéité? Lors des premières expériences n’est-il pas d’usage qu’à une certaine retenue soit opposée une douce insistance pour la première fois? Mais est-ce encore entendable avec des sites de triage et de rencontre comme Tinder? Par ailleurs j »entends dans mon cabinet d’analyste tant de femmes, inscrites dans une relation au long cours, m’expliquer que bien sûr elles consentent sans pour autant éprouver le moindre désir ( ne parlons pas du plaisir); d’autres prendre conscience de la maitrise psychique (parfois l’emprise) que leur partenaire exerce sur elle et qui ne les laisse pas libre de refuser (le fameux « devoir conjugal », comme l’expression familière « passer à la casserole » disent assez de quel coté sont le pouvoir et la domination).

Sur un autre plan il y a  un risque de judiciarisation des rapports sexuels qui pourraient être qualifiés, à tort ou à raison, de « viols » si la preuve du consentement n’a pas été enregistrée au préalable. Des sites existent déjà aux Etats Unis pour cela: ainsi le site Légal Fling « relation sexuelle encadrée » permet d’authentifier les consentements sexuels en utilisant la Blockchain, l’un des partenaires demandant par SMS son consentement à l’autre, et éventuellement ses préférences sexuelles, l’usage de préservatif, le recours à des photos ou des vidéos, l’absence de pathologies transmissibles , l’acceptation du sado masochisme ou autres jeux pervers. L’ échange des SMS de demande et de consentement peut se dérouler dans le lit où les amoureux se retrouvent. L’acquiescement  du partenaire est requise à chaque étape, et à chaque reprise….Tout cela est infiniment romantique et transforme un des actes les plus naturels, et les plus beaux, en une procédure de contractualisation au motif de protéger les femmes. Le fameux et détestable principe de précaution n’est pas loin. Et cette dérive s’inscrit dans une forme d’hygiénisme mental qui, dans ce même pays, déconseille aux amoureux de se tenir par le main dans les lieux publics, suggère aux hommes de ne pas prendre un ascenseur avec une femme seule, mais autorise son président à dire « qu’on doit les prendre par la chatte »,  ses citoyens à boire de l’alcool dans la rue à condition que la bouteille soit dissimulée par un sac en papier ou à acheter sans contrôle des armes de guerre. Ainsi l’hypocrisie et la pudibonderie, à l’heure de la libération sexuelle, se sont-elles substituées à l’éthique des comportements et du consentement naturel.

De telles pratiques marchandes se sont développées dans le cadre de la révolution des moeurs: la libération des sexualités a mis fin à des siècles d’interdits, souvent religieux mais aussi socio- économiques qui incarcéraient la vie amoureuse, principalement des femmes et interdisaient les pratiques autres qu’hétérosexuelles. La fin de cette chape de plomb et l’avénement de la liberté et de la responsabilité individuelle furent d’immenses bonheurs. Mais très rapidement la marchandisation libérale dénature ces libertés en créant certains sites de rencontres permettant la multiplication des expériences après triage dans la multiplicité des possibles, soit une forme d’ »ubérisation » des rapports amoureux. Des idylles éphémères d’autrefois au coup d’un soir, des béguins provisoires au plan sexe à répétition, le pulsionnel l’emporte sur le passionnel, la transaction commerciale sur le partage affectif, la satisfaction d’un besoin hormonal sur  l’espoir d’une rencontre humaine. Ainsi le principe de plaisir et celui du « tout, tout de suite » triomphent, comme au temps de l’adolescence.

Il n’est pas inutile, en ce point, d’évoquer le mythe du devin Tirésias, pour se souvenir que ces questions sont aussi anciennes que l’humanité. Au sommet de l’Olympe, la déesse Héra supportait mal la frénésie sexuelle et polygamique de son époux Zeus; à ses reproches il rétorqua que son comportement était parfaitement naturel car le plaisir féminin l’emportait sur le masculin. Tirésias qui, dans sa vie antérieure avait connu les deux conditions féminine et masculine, fut donc consulté par le couple divin. Il assura sans hésiter que si la jouissance d’amour était composée de dix parties, neuf revenaient à la femme et une seule à l’homme. Héra, furieuse de voir ainsi révélé le secret de son sexe frappa aussitôt Tirésias de cécité et Zeus, non sans humour, lui conféra le don de prophétie.

Les plus récents travaux des sexologues, qu’ils soient biologistes, cognitivistes ou psychanalystes ne contredisent pas  l’affirmation du devin. L’orgasme féminin, vécu au plus profond de son corps vaginal et clitoridien dévoile une intime et intense déflagration qui implique la totalité physique de sa personne, dans un moment acméïque de dépersonnalisation et de perte de contact avec la réalité. Le plaisir masculin, lui, se déroule à l’extérieur de son enveloppe charnelle même si la jouissance éjaculatoire se diffuse dans le corps entier. Dans les sociétés occidentales les sexologues évaluent à une sur deux les femmes accédant véritablement à l’orgasme alors que le plus grand nombre des hommes connait le plaisir (qui n’est pas l’orgasme). Et je ne suis pas loin de penser que cette extraordinaire puissance orgasmique des femmes est à l’origine de la peur qu’elles inspirent aux hommes et de leur propension à les dominer, faute de pouvoir les égaler.

Plus que des contrats précisant étape par étape le consentement et les comportements des amants potentiels, une nouvelle révolution permettrait de protéger les femmes des abus, les hommes des soupçons et la guerre des sexes de la perpétuité. Elle est aussi simple à énoncer que difficile à réaliser. Il suffirait que les hommes identifient, reconnaissent et acceptent leur part de féminité et les femmes celle de leur masculinité, dans leur vie psychique, corporelle, comportementale. Ainsi les hommes prédateurs ou les hommes à sexualité sérielle pourraient-ils comprendre que par ce comportement ils veulent apaiser des anxiétés sur leur propre virilité en niant leur part de féminité, et les femmes nymphomanes ou les femmes phalliques que leur identité féminine les inquiète inconsciemment mais profondément.  Pour cela un immense travail éducatif des familles et des institutions est nécessaire, en commençant par les acteurs de ce changement révolutionnaire. Dans certains de leurs excès, aujourd’hui dépassés, les études de genre, si novatrices par ailleurs, n’ont pas toujours favorisé cette mutation inédite et subversive.

La libération sexuelle du dernier demi siècle aurait donc du faire progresser la cause des femmes. Il n’en fut rien, ou à peu près, car libérer la sexualité sans attaquer le pouvoir politique et économique des hommes, dans un monde dominé par le libéralisme, met les femmes en position de vulnérabilité au sein d’un marché sexuel dérégulé.

6° Et donc le statut socio économique des femmes

Je serai plus rapide dans cette section qui n’entre pas dans mon domaine de compétences. Toutefois il est évident pour moi que depuis l’époque lointaine des chasseurs cueilleurs nomades, puis agriculteurs éleveurs sédentarisés, la femme a toujours été au service de l’homme, pire sous l’emprise de l’homme.

Mais comme le remarque brillamment la sociologue Eva Illouz la domination des hommes sur les femmes veut démonter l’infériorité d’un groupe qui doit apporter ses services à l’autre. Toutefois les femmes ne sont pas un groupe cohérent et homogène comme les « noirs » ou les « jaunes ». Les hommes sont des fils, des compagnons, des pères de femmes, à chaque fois : leurs mères, compagnes, filles avec lesquelles les relations ne peuvent pas être simplement et uniquement d’exploitation. Et les relations d’affection rendent involontairement les femmes en partie complices de la domination qu’elles subissent, ce que La Boétie, dans le champ politique, nomme la servitude volontaire. Un telle intrication des relations (de genre, un groupe versus un autre, mais aussi de parenté ou de proximité entre des membres des deux groupes) rend aussi difficile la lutte d’émancipation que la construction d’un mouvement  de libération des femmes. Je comprends qu’elles saisissent les occasions de scandales planétaires, comme actuellement, pour progresser dans la satisfaction de leurs justes revendications.

Les anthropologues proposent une lecture, à mon sens pertinente, illustrée par le concept d’ »échange économico-sexuel »( Paola Tabet). Selon elle, là où les hommes détiennent la puissance économique, la sexualité apparait comme la seule monnaie d’échange. La prostitution, bien sûr. Mais aussi le mariage traditionnel leur conférant un statut économique et social (encore que la dot…). Dans notre culture le mariage, assurant à la fois la reproduction et la transmission du patrimoine, permettait de joindre les émotions, la sexualité et la conservation de l’espèce. L’injonction morale tenait lieu de consentement ou de refus.

La révolution sexuelle d’il y a un demi siècle ouvre sans limite l’étendue des possibles en matière d’échanges sexuels, et tout est désormais possible sous condition du consentement. La sexualité est « libérée » mais les rapports de force socio économiques n’ont pas changé (ou si peu, par exemple dans la différence des salaires homme-femme). Les femmes demeurent donc, au sein de ce marché sexuel sans limite ni régulation, en situation de fragilité. Et si elles ont conquis de nouveaux droits (désanctification de la virginité, contraception (mais uniquement féminine), interruption volontaire de grossesse et autres avancées technologiques en cours concernant la procréation) une longue marche  nous attend pour aller vers la parité totale. Je dis nous car je pense non pas que nous (les hommes) devrions aider les femmes (qui sont suffisamment capables par elles mêmes) mais que la moitié du parcours nous revient.

7° Les dangers d’un nouvel ordre moral

Au motif supposé du respect dû à l’image de la femme chaque jour apporte son lot de censures, ou pire d’autocensures, stupides. Le metteur en scène de Carmen, à Florence, travestit et trahit Mérimée et Bizet en inversant l’épilogue: c’est Carmen qui tue Don José! Un conservateur retire d’une exposition un tableau de Balthus, un autre un nu de Schiele. A quand le retrait de « l’origine du monde » de Gustave Courbet du Musée d’Orsay?(il est vrai que Jacques Lacan, qui en fut le propriétaire, le dissimulait derrière une peinture de Miro). La bien pensance est désormais partout: le plus grand éditeur français renonce à publier les trois pamphlets de Céline (« Bagatelles pour un massacre », « L’école des cadavres », « Les beaux draps ») alors que l’on peut les trouver sur internet car édités au Québec. Ces écrits sont d’immondes saloperies, mais leur auteur, cette ordure, demeure, malgré tout, un grand écrivain. Les éditeurs de Madame Bovary et des Fleurs du mal surent, eux, braver l’opinion, Flaubert fut acquitté, mais Baudelaire y perdit ses droits civiques. Euripide pourrait-il publier « Médée », mère infanticide, et Choderlos de Laclos décrire le personnage de Madame de Merteuil dans « Les liaisons dangereuses »? Polanski privé d’un colloque, bientôt Woody Allen? Qui oserait faire un « Rabbi Jacob » aujourd’hui?

Le monde du capitalisme-libéralisme impose ses codes, pour protéger ses positions. Il n’aime pas le désordre, ni le changement, il faut « que tout change pour que rien ne change » comme l’exprime si clairement Lampedusa face à un monde en profonde mutation. Dans le domaine socio-économique, les puissances d’argent incluant les organisations maffieuses, au moins autant que les empires militaires, à l’échelle planétaire, dictent les lois de la plus grande plus value qui nécessitent  le moins de conflits visibles, dans tous les domaines. Il faut donc abraser le moindre élément qui échappe au politiquement correct ou au culturellement correct. Les libertés formelles sont apparemment respectées à condition que les libertés créatrices soient contenues, interdites d’inventions subversives, empêchées de produire du désordre.

Une forme d’ordre moral s’impose chez nous, charroyé par le principe de précaution, et conforté par la multiplication des actes de censure. Cette morale victorienne m’insupporte quand nous laissons des migrants se noyer dans nos mers ou être congelés dans nos montagnes ou nos camions. L’intégrisme religieux n’est pas la propriété exclusive des musulmans quand notre société française devient hystérique contre le mariage pour tous. La pudibonderie, la pruderie et l’austérité morale sont des masques hypocrites qui visent à museler les forces nouvelles de la création et de la culture, autant d’entraves vers cet univers nouveau, nivelé, muselé, retardé où les puissants peuvent jouer entre eux sans que le vulgum pecus ne se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Mais prenons garde: après avoir calibré les univers sociaux, économiques, éducatifs, sanitaires, judiciaires, culturels ce nouveau monde installera insidieusement une démocrature qui ne respectera les libertés formelles qu’en apparence. Prenons garde aussi à ce que certaines expressions excessives des luttes en cours dénonçant la servitude des femmes ne servent de caution involontaire à la mise en place de ce nouvel ordre moral.

Je l’affirme encore avant d’achever ce papier, et ce dernier paragraphe est essentiel: je soutiens de toutes mes forces et de tout mon coeur les luttes pour la libération des femmes contre les viols, les agressions sexuelles de toute nature, les violences, les harcèlements, les dominations politique, économique, sociale, culturelle, sportive…. Ce combat est pour moi sacré, certes en pensant à mes filles, mais aussi parce que de toute ma vie j’ai refusé de subir et aussi voulu ne pas faire subir.

13 réflexions au sujet de « Des femmes: quelques réflexions sur le respect, le désir et l’ordre moral »

  1. Excellente analyse de la situation et la mise en perspective du système capitaliste qui produit et perdure la dynamique dominant/dominé est bien sûr très perspicace.
    J’adhère.

  2. Enfin, au-delà d’un discours rapide, mal structuré et parfois malencontreusement maladroit, ton analyse intelligente, historique et analytique avec un clin d’œil à Héra et Zeus de leur Olympe, est importante car elle permet de mieux comprendre que l’homme, depuis la nuit des temps, a peur du mystère que représente la femme sexuellement et psychologiquement.
    Il l’exprime à travers un mépris et parfois une violence souvent mortelle.
    Aujourd’hui les femmes osent parler et revendiquer un statut d’égalité.
    La grande avancée, grâce à la psychanalyse, fût la reconnaissance du féminin et du masculin qui habite chaque individu. Malheureusement, dans les pays sous-développés, la femme vit un statut d’esclave au XXI siècle !
    Il ne s’agit pas non plus de devenir des «amazones » en brimant et diminuant les hommes..
    Tu as su enseigner à tes filles, les valeurs profondes qui régissent notre démocratie, le sens de la liberté, de l’intelligence et la force du savoir.
    Continue à écrire pour tes enfants et pour nous tes amis, nous avons tous besoin de cette lumière que tu nous diffuse et qui s’appelle : la vie!
    Je t’embrasse bien affectueusement
    Cathy

    1. Merci, chère Cathy, pour ce commentaire avisé. Depuis Homère jusqu’aux dictatures féminicides d’aujourd’hui le combat demeure le même, une lutte pour la liberté et l’égalité, celles des femmes en l’occurrence. Mais attention aux excès de dénonciation et d’interdiction, à leurs tours liberticides.

  3. Point par point je vous ai lu. Merci de nous livrer votre réflexion sur ce sujet. Elle mérite de nombreux lecteurs et pourquoi pas un auditoire? Nous avons besoin d’ouvrir les yeux.
    En tant que femme j’ai eu la chance de ne subir aucune violence. Quelquefois j’ai dû dire « stop » mais sans aucun problème. Nous sommes très très nombreuses dans ce cas, et ne gardons pas de rancune envers ces maladroits, mal élevés ou inconscients.
    Cependant, je peux l’exprimer ici, parfois les femmes me font honte et pitié par leur soumission aux diktats des hommes. Dans le domaine de la mode en particulier, celle qui entrave(talons aiguilles) salit (maquillages) etc…Une séduction à quel prix ? J’aimerais les filles plus libres, faisant confiance à leur créativité, non piégées par le consumérisme…. Il y en a heureusement ! J’aimerais aussi qu’elles soient polies, fraternelles envers les garçons, qu’elles ne se moquent pas d’eux.

    Renoncer à publier les pamphlets de Céline est une censure qui peut se transformer aussi en appât !

    1. En tous points en accord avec vous. Vous défendez les « garçons » maladroits, mal élevés ou inconscients. Inversons les rôle. Je défends à mon tour les « filles » excessives, passionnées, violentes que parce porteuses d’une histoire d’offensées et d’humiliées.

      Céline: la seule façon de défendre la liberté de publication c’est de publier. Prenons garde aux auto-censures, plus dangereuses que les effets d’affichage.

  4. Les hommes ont été la chance de ma vie. Mon père, mon compagnon de chaque jour et celui à qui je dois de pouvoir être moi, pour le meilleur et pour le pire. Trois hommes attentifs et attentionnés. Trois hommes comme tant d’autres.

    Cette diabolisation de la gente masculine est un extrémisme que je peux comprendre mais que je regrette. Et les sociétés matriarcales n’ont rien à envier aux sociétés patriarcales.

    La jeune Malala Yousafsai nous a donné mardi dernier la seule définition du féminisme à laquelle je souscris : « le féminisme est juste un autre mot pour l’égalité [...] cela signifie simplement [que les femmes] devraient avoir les mêmes droits que les hommes ».

  5. Merci pour ce témoignage. Malala est l’icône lumineuse des souffrances subies et de la capacité à les dépasser dans le juste combat pour l’égalité, comme le fit Nelson Mandela.

  6. Merci pour ce magnifique concentré de pensée et d’experience. Voici les réflexions , un peu longues, qu’il m’inspire :

    Le bébé avec l’eau du bain

    1/ sur le harcèlement et la violence sexuelle

    Le bébé est cette beauté brillante que sont le désir et la séduction puis, si la vie est souriante, le plaisir et l’amour.

    L’eau du bain c’est l’accumulation par les hommes et parfois les femmes ( j’y reviendrai ) de comportements indignes, pervers et violents qui doivent être repérés, rectifiés , réprimandés, et le cas échéant punis. Ce mouvement actuel de révélations scandaleuses est donc fondamentalement indispensable pour alerter les consciences et détruire les couches confortables de trop anciens non-dits .

    Jeter le bébé avec l’eau du bain c’est perpétuer la guerre des sexes en stigmatisant à l’extrême tel ou tel comportement parfois limite mais acceptable , au risque d’anéantir les deux piliers qui fondent notre amour de la vie : la liberté et l’éros , pour finir par vivre comme des moutons méfiants, peureux et haineux. J’entends par « acceptable » ce que chaque femme sait à l’intérieur d’elle-même , ce qui ne porte pas atteinte à sa dignité, dans le cadre d’un rapport au réel sain et lucide qui admette que notre monde ne soit pas celui de princes et princesses vivant dans un conte de fées.

    En revanche , jeter l’eau du bain sans le bébé,
    - c’est croire en l’égalité par nature entre les hommes et les femmes , et mettre toutes nos forces, hommes et femmes, à son service, animées par la liberté et la paix , donc éliminer toutes les forces contreproductives : vengeresses , rancunières, utilisant la vulgarité, se mettant au niveau de la médiocrité de l’agresseur.
    - c’est croire avant tout en la conscience , en chaque instant, de la personne qui peut , ou hélas parfois qui va , devenir victime, car la conscience lui fait mettre plus de chances de son côté. Elle ne protège évidemment pas du malheur, mais en cas de malheur c’est elle qui saura faire appliquer la justice et la punition nécessaires .

    Je postule en effet qu’à chaque instant d’une situation, il y a la possibilité d’être en éveil
    A quoi sert cet éveil:
    -à faire la différence entre une situation où le compromis est acceptable, humain et négociable – ex : être aimable pour obtenir un rôle, c’est l’adaptation à la vie- et où le compromis glisse vers la compromission : accorder un geste, pousser la plaisanterie vers des pentes scabreuses,…,et surtout avoir en soi une attitude d’acceptation potentielle telle qu’elle rejoint l’excitation sexuelle, donc modifie le comportement mental et corporel . Pour faire cette différence, il faut apprendre à penser, discerner le risque, donc éduquer les jeunes filles comme les jeunes hommes à cet endroit, cela passe par la littérature et la philosophie. C’est tenter de leur démontrer qu’il y a un plaisir psychique supérieur, et j’oserais dire érotique , dans le maintien d’une tension positive pour équilibrer le rapport de force hommes-femmes en substituant l’esprit à la force physique – cela vaut aussi pour les rapports homosexuels qui ont été bien oubliés dans ce débat comme si les victimes n’étaient par nature que des femmes-, et plus largement pour équilibrer le rapport entre les êtres humains en substituant l’égalité à la domination
    -à identifier et protéger en soi les deux meilleures défenses naturelles dont les êtres humains disposent : dignité et respect. La dignité fondamentale consiste à se faire respecter. Il n’y a pas d’indignité à porter une mini-jupe provocante qui exalte le corps féminin ou qui est une façon de jouer , il y en a une à pousser la posture de provocation jusqu’à l’extrême, livrant le regard et le psychisme de la cible à la pulsion la plus violente, donc prenant le risque de tomber sur quelqu’un qui ne la maîtrise pas.
    -à utiliser sans hésiter les défenses humaines, sociales et technologiques en cas de difficulté ou d’agression. Humaines : cela va du « verbe » à la self-defense , au cri ou même au sifflet … Sociales : évidemment s’appuyer sur des témoignages et utiliser la menace de dénonciation et de représailles dures . Technologiques : le degré d’élaboration actuelle devrait permettre de communiquer instantanément avec son mobile le problème , la photo , le lieu , date et heure- de la situation, ceci mis en relation avec les données individuelles de l’agressé , voire de l’agresseur ( reconnaissance faciale ) et selon la gravité, appel aux services de sécurité adéquats. Le smartphone est parfait pour cela : quelle femme n’a jamais fait semblant de téléphoner dans un contexte inquiétant ( en marchant seule la nuit dans la rue par exemple? ) . Il est interessant de constater que le développement de technologies de ce genre ont moins les faveurs des petits génies de l’industrie digitale que ces applis de « consentement » , directement liées à l’amélioration des rémunérations de cabinets d’avocats, et à leur propre performance économique auprès d’un public riche, instruit et donc positivement discriminé, laissant aux autres tout le loisir d’avoir des problèmes…

    J’en viens donc au point suivant de mon propos :

    2/ sur l’égalité homme-femme

    Veillons bien, nous les femmes , à ne pas intégrer la domination ultra-libérale américaine comme nous avons intégré la domination masculine, en acceptant tacitement tous les insupportables débordements de violence symbolique.

    En effet analysons d’où vient ce mouvement , des USA. De l’empire du «  tout juridique » et de la liberté au rabais. Cet empire n’a qu’un paradigme : l’argent, l’argent-Roi . Comme d’habitude , des USA nous viennent le meilleur et le pire , le pire devenant désormais immédiat grâce à la vitesse des progrès technologiques – la vitesse étant bien sûr le meilleur vecteur de l’enrichissement -. Regardons du côté des NBIC ( sciences nano-bio-information-cogno), qui mettent en convergence , et donc en données disponibles, de nombreux paramètres concernant notre corps et notre psychisme. ( attitudes et comportements) : ce gigantesque eldorado du pouvoir scientifique demeure entre les mains de chercheurs, développeurs , commercialisateurs ( GAFA et autres) et néo-idéologues majoritairement masculins . Ne voyons-nous pas poindre par exemple avec les progrès génétiques , les avant-postes du transhumanisme ( et des fortunes associées) où la fragmentation et recomposition du lien familial et parental risque de ne profiter qu’aux plus nantis et plus brillants d’entre nous, laissant en particulier les femmes démunies de leur fonction maternelle sans qu’elle aient eu le temps de se resituer sur l’échiquier mondial de l’égalité ?

    Le féminisme « ultra » dont nous lisons les réactions ne serait-il pas influencé, à revers de ses convictions, par de telles puissances, le tout augmenté en vitesse et étendue par le haut-parleur des médias qui n’ont plus le temps de réfléchir et d’investiguer , et par les réseaux de grande conciergerie mondiale que sont Facebook, Snapshat, Twitter et consorts…
    Ce caractère exponentiel des mouvements d’opinion et de contagion comportementale vise souvent à nous faire consommer ou à nous faire dominer ( le « nous » étant l’humanité ).
    Prenons garde, nous les femmes en particulier , à ne pas devenir les marionnettes du profit : pensez donc , en épousant la « cause des femmes », un immense marché -celui la moitié de l’humanité- s’ouvre à toutes les créativités juridiques, financières et technologiques…Ne trouvez vous pas étonnant qu’une technologie de protection des femmes n’ait pas été pensée au tout début de la téléphonie mobile ? Ne trouvez-vous pas également étonnantes ces facilitations du tout juridique : ne pensez vous pas que pendant que les femmes vont passer du temps, de l’énergie et de l’argent à défendre leurs causes, le monde économique lui va continuer à prospérer entre les mains de quelques uns? N’y aurait il pas là une des ces nombreuses et opportunes solutions de dérivation, itinéraire-bis, du pouvoir des femmes ?

    Ne pensez-pas que je parle sans savoir, mon expérience professionnelle m’a permis en bientôt 40 ans d’émancipation , de pratique du monde des affaires et du pouvoir, d’identifier les nombreuses « voies de garage » qui m’ont été proposées, sous forme de missions subalternes, de responsabilités désassorties à la rémunération, de fonction sans titre, etc,…Pour autant, plus d’une fois j’ai brisé le « plafond de verre » . Je l’ai fait en ne considérant jamais les hommes comme des ennemis mais comme des alliés. J’ai eu à subir insultes , gestes ou mots déplacés, cercles d’hommes soudain se refermant sur un sujet à fort enjeu , mais cela ne m’a pas découragée . Car dès que j’ai compris, très jeune, que la violence physique – témoin de leur prétendue supériorité- était un aveu de faiblesse et d’impuissance, je me suis sentie leur égale . Et donc partenaire , ou au besoin adversaire, sans considérer le genre comme un angle stratégique ou une ligne de défense. Car eux-mêmes étaient empêchés par leurs propres limites.
    J’ai donc eu souvent l’occasion de constater que les femmes obtiennent la puissance d’agir parce qu’elles associent intuition et globalité de point de vue, et que les hommes obtiennent le pouvoir pour l’intensité et la précision qu’il requiert. Ou que ces deux notions se distribuent en animus-anima au sein de chaque individu. J’ai souvent mesuré que les femmes se positionnent au-dessus de ce fameux plafond de verre et non en-dessous quand elles placent la liberté au-dessus de l’argent. Je crois qu’elles y parviennent plus facilement que les hommes par formation réactionnelle à leur histoire.
    J’ai pu aussi expérimenter par une pratique fréquente de relations professionnelles avec le Moyen-Orient combien les femmes y étaient respectées , dès qu’elles avaient de la compétence, ce que je n’ai pas si souvent mesuré dans les milieux anglo-saxons, que je connais pourtant parfaitement. Intéressant de mettre en perspective culturelle les relations homme-femme, les voilées et dévoilées… passionnant de converser avec les saoudiennes , pourtant sous la férule masculine, mais quelle liberté dans leur propos et sous leur prison vestimentaire…

    J’ai pu ainsi comprendre que les préjugés les plus puissants sont les plus stérilisants , et que la confiance en soi et en l’autre construit l’égalité; elle fait progresser plus vite que la défiance, la délation et la lutte désorganisée.
    L’égalité homme-femme passe par des points de mise à niveau nécessaires comme la parité ou la révélation de scandales ( sexuels, égalité salariale ) mais qui doivent être pensés et organisés comme provisoires.
    Je rappelle aux femmes qu’elles sont des Hommes comme les autres, qu’elles doivent cesser de se juger inférieures, notamment en construisant un discours sur ces bases condamné à de la revendication agressive et très facile à retourner contre elles. Je voudrais qu’elles sachent qu’agir en égales est vraiment performatif alors que la pensée permanente de l’inégalité les contamine : elle est une bombe à fragmentation que d’autres ont posé à leur place… qu’elles ne doivent pas céder une once du terrain de leur liberté, ce qui les rapproche des hommes, mais que ce combat est constant et parfois en échec. Remplacer le goût amer de la victimisation par le goût puissant de la liberté les arme avec une force que personne ne pourra plus leur ôter. Une fois cette force éprouvée, elles passent à jamais derrière le rideau de fer, y compris dans la douleur, mais toujours en résilience, devenues enfin « capitaines de leur âme ».

    1. Merci pour ce texte qui est à la fois une prise de position sans ambiguïté et un témoignage personnel engagé, lucide et courageux. Seule une femme pouvait écrire cela.

      Votre document, comme d’autres qui circulent dans les médias ou m’ont été directement adressés, m’ont conduit à développer une réflexion moins théorique et plus personnelle. J’élabore donc un nouvel écrit qui apparaitra sur ce bloc notes incessamment.

  7. Merci de cette explication si éclairante et tellement humaine. Heureuse que nous, les femmes, nos filles et nos petites filles, j’espère, soient intransigeantes sur leur intégrité, dans toutes ses dimensions. Satisfaite de voir que des hommes (nombreux, j’espère) comprennent que leur propre humanité l’impose. Mais méfiante à l’égard d’une victimisation trop simple et de cet ordre moral qui nous encercle un peu plus chaque jour. Cet ordre ne repose-t-il pas d’abord sur le fait de laisser les citoyens débattre gentiment (ou non) des questions dites « de société » sans penser le lien qui relie ces questions au politique et à l’économique? En novembre 2016, dans un colloque à l’étranger auquel je participais, une grande chercheuse américaine est arrivée tout en noir. Plusieurs fois dans cette journée consacrée à la guerre, elle a laissé éclater sa colère et son chagrin: la victoire du président Trump était à ses yeux celle, brutale, atavique, de l’homme sur la femme. D’abord. Et des femmes avaient voté pour lui. Peut-on toujours savoir où passe la frontière entre la victime et le coupable ?

    Dans sa simplicité apparente, le tableau L’Origine du monde de Courbet pourrait, comme le mythe, ramener au point de départ en creusant l’énigme du caché/révélé : le tableau a fait l’objet d’un dispositif, peut-être conçu par Courbet dès l’origine selon le chercheur André Gunthert : il était dissimulé derrière un autre (un paysage du même peintre). Il me semble qu’il s’agissait de cacher un spectacle tabou, certes, mais tout en faisant de sa contemplation le résultat d’un geste volontaire : désir de voir, désir de savoir, pulsion érotique ET effort lucide pour accéder à la vérité « toute nue », si inquiétante, voire terrorisante soit-elle. Le tableau, chez Lacan, était dissimulé derrière un tableau d’André Masson au même titre ! Celui-ci redoublait la question en inscrivant le sexe féminin sur et dans notre terre. Ainsi était retournée comme un gant la situation initiale : Masson exhibait le corps féminin sans renoncer le moins du monde à la dissimulation. Mais à sa manière : le peintre-poète, à l’absolue liberté, partait, comme Courbet, du constat de la spécificité du corps de la femme pour célébrer la puissance du principe féminin.

    1. Grand merci pour ce commentaire éclairé. je ne réponds que sur deux points.
      - La victimisation: certes il fallait hurler, parce qu’une femme, en France, meurt sous les coups de son conjoint tous les trois jours et que 96% des plaintes que les autres déposent concernent des viols, des tentatives de viols ou des violences sexuelles ou sexistes. Ces abominations sont du domaine des services de police et du ministère de la justice en espérant que la main ne tremblera pas au moment du prononcé des jugements. Mais le danger existe, dans la simple vie quotidienne, que toutes les femmes se vivent en victimes potentielles, qu’au mépris qu’hélas les hommes ont longtemps manifesté à l’égard des femmes succède une haine des hommes au moment même où ils prennent conscience des erreurs et injustices qu’ils ont commises .

      - L’origine du monde: je ne saurais trop te remercier pour ce rappel historique et la correction de mon erreur. Ta précieuse érudition permet cependant de comprendre l’essentiel, à savoir que dès l’origine, l’Origine du monde de Courbet a fait l’objet d’un jeu de séduction (comme dans certains établissements spécialisés) du caché/ dévoilé excitant le désir; dans le domaine pictural, la pulsion scopique ne pouvait être satisfaite que par la découverte volontaire du cache, du leurre protégeant l’auteur de la toile, puis le propriétaire, fut-il psychanalyste, du risque de l’exhibitionnisme et de la révélation de la terreur induite par la vision intégrale du sexe de la femme, image aussi angoissante que la tête de la Méduse du Caravage.

      1. Précisément. (Et le musée d’Orsay devrait y penser.) Mais si nous arrivions collectivement à comprendre, au fond, la nature de cette angoisse, peut-être la question de l’égalité progresserait-elle. Ce n’est qu’une hypothèse.

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